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Chers étrangers, arrêtez de me dire que ma fille hyperactive va se blesser (Traduction Française)

By 6 août 2018 No Comments

Toutes les mères qui se situent à des kilomètres à la ronde s’inquiètent du « swing de Zuckerman » (mouvement de balancé). La plupart des gens craignent qu’un enfant ne tombe. Cependant ceci ne s’est encore jamais produit. Les enfants tiennent presque toujours les choses plus serrées que ce que leurs parents ne penseraient « 

– E.B. Blanc, « La toile de Charlotte »

Au ramassage scolaire, je me tiens avec les autres parents, devant la clôture qui nous sépare du terrain de jeu de la maternelle. Nos enfants de 5 ans marchent en lignes ordonnées de l’école à la cour. Face au soleil de l’après-midi, ils semblent désorientés après de nombreuses heures passées à l’intérieur.

La cloche sonne et, libérés de leurs professeurs, les enfants courent avec une énergie débordante, sur les jeux dans la cour. Certains enfants apprécient les toboggans, d’autres jouent à la marelle ou dessinent sur le béton avec de la craie, et quelques échanges de tendresse dans les gestes de leurs parents ou de baby-sitters pour adoucir cette journée.

Mon enfant court droit vers la clôture de 15 pieds (4,5m) et commence à l’escalader. Imaginez un croisement entre Spider-Man et Flash, et vous avez ma fille. Je suis plutôt fière de moi de ne l’avoir jamais perdue de vue une seule seconde malgré son hyperactivité ; son agilité n’est égalée que par sa vitesse. Je place souvent un serre tête rouge dans ses cheveux pour mieux pouvoir la surveiller. Ça m’aide beaucoup à la repérer lorsqu’elle se pend à l’arbre ou est à l’envers sur un échafaudage. Une fois que nous quittons notre appartement, je cherche toujours à la rattraper.

Son énergie débordante me fatigue bien souvent ; Je dois maintenir une vigilance éloignée, c’est à dire, toujours équilibrer son sens de la liberté avec mes (rares) inquiétudes à son sujet. Elle escalade des rochers et se balance dès qu’elle le peux. Elle saute par-dessus six marches d’escaliers, jusqu’à la chaussée un peu plus bas. Parfois, j’aimerais un enfant moins actif, mais je me rappelle que ce trait – cet athlétisme – servira non seulement son corps, mais aussi son esprit tout au long de son développement.

Je peux gérer mon enfant ; Je le fais depuis des années. Ce sont les avertissements des étrangers qui m’épuisent. Aujourd’hui, ma fille a escaladé environ huit pieds 2,4m) de clôture, en plaçant rapidement chaque pied dans les trous du grillage. Ses amis la regardèrent avec fascination. Une petite fille décida d’escalader la clôture à son tour quand son père l’a soudainement grondée. « Nous ne grimpons pas sur les clôtures, » dit-il à haute voix, s’assurant que tout le monde l’ait entendu. J’ai alors montré mon visage le plus passif, celui que j’ai gardé pour de tels moments, et que je maîtrise désormais.

J’ai développé une espèce de carapace, après toutes ces années où des étrangers me font des réflexions sur le fait que les exploits de ma fille sont dangereux et que je suis irresponsable de lui permettre de faire ce qu’elle fait. Récemment, ma fille marchait le long d’une large corniche à environ quatre pieds du sol (env. 1m20) quand une femme s’est approchée pour lui dire – malgré ma présence – qu’elle devait descendre immédiatement. La femme était si anxieuse qu’elle a essayé d’enlever physiquement ma fille de la corniche. J’ai répondu avec certitude, « vraiment, elle va bien, elle en est tout à fait capable. »

Je donne à chaque étranger inquiet un sourire rassurant et, en général, ils se relâchent, regardant avec inquiétude ma petite fille menacée. Cette femme, cependant, persistait. – Elle porte des sandales ; – Je réponds encore une fois : « Son cerveau s’adapte à cela, vous pouvez en être sûre. » Irritée, la femme s’est retirée, et j’ai refermé une autre cicatrice dans cette bataille pour permettre à mon enfant de se déplacer librement grâce à ses capacités physiques dans un monde sans entrave.

Ma fille s’est rarement écorché un genou, encore moins cassé un os. Même si c’était arrivé, je ne voudrais pas essayer d’arrêter sa soif d’aventure. Elle a besoin d’un intense niveau d’activité physique, et c’est le cas depuis son enfance, dès qu’elle a appris à ramper et jeter un jouet très loin. Quand elle était un enfant en bas âge, je devais lui courir après tel un Labrador pour brûler son énergie supplémentaire. Parfois, nous arrivions à Central Park avant le lever du soleil, où elle galopait les collines et parcourait des sentiers sinueux. Elle pouvait monter à chaque marche du château du Belvédère quand elle avait à peine plus de deux ans. Je n’avais jamais vu le soleil se lever dans le parc, ni vu comment il brille sur les eaux de Turtle Pond jusqu’à ce que la naissance de cet enfant – ce merveilleux, acrobatique, épuisant enfant.

La critique la plus douloureuse que je peux entendre, c’est lorsque l’on me dit que je suis un parent excessivement permissif et que je ne discipline pas mon enfant – comme si grimper des clôtures et courir vite étaient le reflet d’un mauvais comportement. J’ai été disputée à maintes reprises et informée que « les enfants ont besoin de limites. » Ce qui rend ces avertissements frustrants, c’est que je fais, en fait, la discipline avec beaucoup de rigueur. Je n’ai aucune tolérance pour l’impolitesse, pour le gémissement, pour l’agression injustifiée. Je parle souvent à mon enfant de l’empathie et des manières. Elle a des corvées matin et soir, et je fais férocement la police par rapport au nombre de jouets dans notre maison. C’est ennuyeux d’être considérée comme trop indulgent et irresponsable par des étrangers parce que mon enfant est un tant soit peu hyperactif. Son comportement n’est pas une transgression, mais il est souvent traité comme tel.

Nous devrions tous vouloir pour nos enfants le genre de sureté qui ne peut être fournis que par les expériences répétées et variées que nous offre la vie. Interférer dans leur éducation en ne laissant pas nos enfants apprendre par eux même, en tirant des conclusions de leurs expériences, c’est mettre en péril nos jeunes en minant leur confiance. Il perturbe également leur développement. Je dois me garder de crier : « Laissez-les tranquilles ! Laissez-les jouer ! »

Je me demande aussi combien de fois je serais critiquée si mon enfant était un garçon. Je ferais une étude de cela, mais je n’ai jamais vu un garçon du même âge qui sois aussi courageux ou musclé que ma fille. Ou peut-être que je ne remarque pas les garçons qui sautent de certaines hauteurs où se pendent à des poteaux – je ne les remarque pas parce que j’ai été conditionnée à attendre ce comportement des garçons. Sommes-nous toujours une société qui forme les filles à « se comporter » en ébranlant leur confiance en leur force et capacités de leurs propres corps ?

Certains étrangers, manifestement stupéfaits par les exploits de ma fille, semblent soulager leur anxiété en lui rappelant – et eux-mêmes – qu’elle est une fille. Quand elle saute d’un échafaudage et atterrit à ses pieds comme un guépard, elle est souvent saluée : « Joli visage! » ou : « Quelle jolie robe! ». Elle a juste sauté d’1m50 – et ce n’était pas la robe qui a fait le saut.

La semaine dernière, nous sommes allés nous balader au niveau de Sheep Meadow. L’école était fermée pour la journée, et, heureusement, le temps était avec nous. Le soleil d’automne et le ciel bleu étaient agréables ; Les feuilles avaient commencé à tomber. Ma fille a alors à escaladé la clôture qui entoure la prairie. C’est un parcours bien fréquenté dans le parc, et sur cette belle journée, des dizaines d’étrangers passaient. Je me préparai au chœur des cris d’angoisses. Ma fille a balancé sa jambe au-dessus de la clôture et a commencé à redescendre de l’autre côté puis a sauté sur le sentier. Une vieille femme aux cheveux gris, marchant à l’aide d’une canne, s’était arrêtée pour surveiller mon enfant.

« Votre fille est libre et déterminée. Je souhaite que tous les enfants – surtout les filles – aient été autorisées à se déplacer librement. Qu’elle ne change jamais. » Après cela, la femme a continué son chemin, et je suis presque tombée en larmes. Il est toujours agréable et étonnant de recevoir de la bonté des étrangers, mais c’est une joie immense et absolue que de la recevoir de manière inattendu.

By Leslie Kendall Dye

https://www.washingtonpost.com/news/parenting/wp/2016/11/01/dear-strangers-please-stop-telling-me-my-daughter-is-in-danger/?utm_term=.219f9789b776

Traduction : Ecole de Parkour

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