C’est un titre vraiment cool n’est-ce pas ? Les sports extrêmes !



Souvent sans le « E » comme « X-treme » ou « X-Awesome » ou « X-N’importe quoi » parce que, pourquoi pas ? Est-ce que ça ne le rend pas encore plus hardcore, plus cool et plus rebelle ? Une fois passé la mode, quelle est le vrai but de ces activités ? Qu’est-ce qui les rend « extrêmes » ? Et ce label (extrême) n’est-il pas simplement mal utilisé ?

Pour la plupart des gens, un sport extrême est quelque chose rempli d’adrénaline et pratiqué par des acros du risque recherchant le rush ultime et tentant de vivre vivre et mourir jeune en laissant derrière soi un joli corps. (Live fast – die young). Les dictionnaires définissent généralement les sports extrêmes comme toutes les activités comportant un risque élevé de blessure ou de danger si la performance est mal réalisée. Certains les définissent comme des activités solos demandant du matériel spécialisé et/ou des lieux isolés. Le Dr Rhonda Cohen dans ses recherches a défini les sports extrêmes comme « une activité compétitive dans laquelle le participant est sujet à des challenges mentaux ou physiques tels que la vitesse, la hauteur, la profondeur ou des forces naturelles et ou la vitesse et la précision peuvent être requises pour réussir. »

Mais est-ce que toutes les activités athlétiques ne tombent pas dans une de ces définitions ? Je pense que la danse présente également des challenges mentaux et physiques ou la vitesse et la précision sont requises. Comme le rugby ou la gymnastique. Et si nous parlons de danger inhérent à la pratique alors l’équitation devrait être le sport extrême numéro 1 avec près de 200 morts par an au Royaume-Uni, bien plus que n’importe quel autre « sport extrême » ou activité physique (extrême ou non). Et pourtant, combien d’entre vous décriraient l’équitation comme un sport extrême ?

Mouvement conscient.

Je pense que ça vaut la peine de questionner l’usage du terme « extrême » pour les disciplines qui y sont fréquemment associées comme le parkour, le saut en parachute, l’escalade, etc … ça vaut la peine d’en faire la revue parce que la perception que l’on a de ces activités est peut-être un peu faussée. Ou beaucoup.

 

Mon expérience du parkour n’a rien à voir avec l’idée que l’on se fait de ce que sont les sports extrêmes. A l’opposé, je dirais que le parkour (et surement la plupart des autres activités enfermées dans les sports « extrêmes ») exige une approche globale, l’intégration ciblée du corps et de l’esprit de l’individu pour le réaliser efficacement, ce qui entraîne qu’il soit plus proche de la méditation ou d’un mouvement conscient que de toute forme d’adrénaline. Et je pense que ce point de vue est partagé par la grande majorité des traceurs expérimentés.

Vous devez comprendre que je fais référence à des traceurs, pratiquants du parkour, ici : non pas les types qui se jettent des toits ou sur pendent sur des grues en essayant d’imiter l’image qu’ils ont du parkour. Comme beaucoup de choses, juste parce qu’une personne dit qu’elle fait du parkour ne signifie pas que cela est vrai. Il y a des junkies d’adrénaline qui sont prêt à faire n’importe quoi pour obtenir leur dose.

Mais la vraie communauté du parkour ne pouvait pas être plus différente de ces types. Grâce à mon expérience j’ai pu rencontrer des dizaines de milliers de traceurs dans plus de trente pays à ce jour, j’ai vu la communauté du parkour devenir l’une des communautés de mouvements les plus dévouées, sophistiquées, considérées et compétentes dans le monde.

Ce sont des « movers » (adeptes du mouvement) conscients, diligents dans leur formation et engagés à atteindre l’excellence, la connaissance de soi et la maîtrise. Ils gèrent efficacement les risques, comme le devraient tous les athlètes, et deviennent très bons à juger ce qu’ils sont et ne sont pas capables de faire.

Les défis des mouvements qu’ils rencontrent exigent des habiletés motrices extrêmement fines, des niveaux élevés de l’équilibre, de la précision, de la proprioception, de la coordination et de la conscience spatiale. Exactement les types d’attributs que les poussées d’adrénaline gênent. Pensez à la dernière fois que vous avez senti une poussée d’adrénaline provenant de la peur ou de la colère, par exemple : vos mains ont probablement tremblé et ne pourraient rester immobile, votre rythme cardiaque est monté en flèche, votre pensée est devenue floue et votre respiration est devenu rapide et peu profonde. Toutes les choses que nous ne voulons pas lors de la pratique de mouvement de haute qualité.

Non, pour réaliser des mouvements complexes et dynamiques nous avons besoin d’être calme, centré, contrôlé, équilibre. Concentré. Nous avons besoin d’un alignement entre le corps et l’esprit. Nous ne cherchons pas une poussée d’adrénaline, nous sommes à la recherche d’un calme intérieur. Un état d’écoulement. Ça n’est pas de l’insouciance : c’est la pleine conscience.

Et en fait, quand vous regardez les réactions chimiques en cause ici, ce n’est pas l’adrénaline qui rend l’activité agréable, c’est l’augmentation des niveaux de dopamine, les endorphines et la sérotonine qui est un résultat du niveau élevé de l’effort physique dans la pratique de cette activité. Ce sont les produits chimiques « du plaisir », notre cerveau peut nous récompenser avec, et ils peuvent être activés de multiples façons, dont beaucoup ne reposent pas sur le risque, le danger ou la peur.

Rendre ce qui est extrême normal.

J’ai des amis à travers l’ensemble du spectre des sports d’aventure (peut-être un meilleur terme pour ce groupe large et diversifié d’activités de plein air souvent mal étiqueté « extrême »), des pratiquants de wingsuit aux grimpeurs en passant par les pilotes de deltaplane ou des surfeurs de grosses vagues, et je peux dire avec confiance que pas un d’entre eux considère ce qu’ils font comme «extrême» . Tous seraient beaucoup plus susceptibles de commenter le calme profond qu’ils accèdent alors au milieu de leur activité, et le fait qu’il apporte une qualité de clarté et de mise au point qui peut en être autrement difficiles à atteindre. Ils parlaient de leur discipline comme une forme de méditation en mouvement, un état de « flow », intégré qui produit un sentiment de bien-être, la paix et l’harmonie.

Mais voilà le hic : seulement ceux qui ont réellement fait l’expérience de cet état d’esprit comprendront pourquoi les « sports extrêmes » ne sont pas « extrêmes ». Les observateurs occasionnels ne voient jamais que le risque, l’impossibilité perçue, et donc ils imaginent les conséquences douloureuses s’ils essayaient. Et l’étiquette reste ainsi collée. La réalité, cependant, est que le temps et la formation apportent l’inconcevable tout à fait à notre portée, et de rendre ce qui est « extrême » simplement standard. Tout cela n’est qu’une question de pratique.

Article écrit par Dan Edwardes de Parkour Generations

http://www.dancelongerdancestronger.com/#!extreme-sports/cywb

Traduction : Ecole de Parkour – 2016

KIMEO - Lyon

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